Diagonales de Belgique

Sec, abstrait, intellectuel même, le mot a quelque chose de fascinant dès qu’on l’applique au cyclotourisme. On dirait qu’il sous-entend toute la magie du voyage, toute l’intensité du sport, toute la détermination du pédaleur, toute la foi enfin de celui qui part.
Pour aller où ? Eh bien de l’autre côté, pardi ! Car voilà bien le sens caché, mais terriblement vélo-touristique de la DIAGONALE: aller de l’autre côté, à l’opposé en quelque sorte. Pour un peu on dirait : «aux antipodes» !!!

La DIAGONALE, par définition, c’est la course à l’ailleurs; par extension, c’est l’assaut au différent, le périple vers l’autrement, c’est le voyage du cyclo qui doit le conduire vers la face cachée de la lune, une sorte de découverte à tout le moins... Etre ici ce matin et là-bas, très loin ce soir.... Et vite, en plus !

DIAGONALE ne contient-il pas «GO» ?

La DIAGONALE, c’est çà : GO est où on est, ou ailleurs, mais «GO». Et librement avec ça !
DIAGONALE ne rime pas pour rien avec cavale, que diable !
DIAGONALE: folie, rêve ou simplement projet engendré moins par le besoin de rouler que par l’envie d’aller quelque part. Et sans concession, sans calcul, sans mesquine supputation de sa peine. Ca ne tournicote pas une DIAGONALE, ça ne finasse pas, ça n’escalade pas invariablement les points culminants pas plus que ça ne longe nécessairement les vallées.

Une DIAGONALE ça vient de quelque part pour aller ailleurs, ça passe, ça traverse, ça franchit et, en tout cas, ça avance !

Les DIAGONALES c’est la variété naturelle du terrain alliée à l’imprévu des circonstances. Bref un cyclotourisme extraordinaire pour cyclos ordinaires... Ce serait par exemple tourner le dos un matin à la plage d’Ostende et rouler à la rencontre du soleil. Après les plaines flamandes, se hisser sur les collines de l’Enclus et plonger ensuite dans la cuvette calme et pittoresque du Hainaut Central. Se frayer ensuite un chemin vers cette tranchée naturelle occupée par Ia Meuse et, toujours en gardant Ie cap, s’en extraire pour prendre plaisir à se colleter avec le massif ardennais. Enfin franchir la vallée de la Semois et se laisser glisser en Lorraine Belge. Voilà Virton le terme de l’odyssée. Ou Manderfeld... Ou Maaseik... Mais peut-être était-il parti de Chimay... Ou d’ailleurs.

On est heureux alors, fut-ce à la nuit tombée, d’être arrivé là où on voulait aller, si loin de son point de départ, autant dire sur une autre planète...! C’est-y pas du tourisme, ça ? Voir se succéder cinq ou six régions complètement différentes dans la journée, avec passage de rivières, franchissements de reliefs et tutti quanti ? C’est-y pas du sport, ça ? Un départ dès potron-minet, le mollet encore raide et engourdi, avant d’adopter progressivement le régime de croisière et peut-être, qui sait, au détour d’un coup de vent bien dirigé, se payer une partie de manivelles grandeur nature, sur un vrai parcours en ligne, comme les pros dans la grande boucle ! Sauf qu’eux, ce n’est pas pour rire…
Parce que la DIAGONALE, c’est pour rire, et pour se faire plaisir en plus… Voilà d’ailleurs tout ce que je vous souhaite: faites-vous donc plaisir avec les DIAGONALES DE BELGIQUE, elles n’attendent que ça Et peut-être que vous aussi... Et peut-être même que vous ne le savez pas encore... Bonne route !

Qu’est-ce qu’une DIAGONALE ???

Se dit d’une droite qui joint les sommets opposés d’un parallélépipède (Petit Robert). Par extension vélo-touristique: itinéraire traversant un territoire selon son plus grand axe. De telles définitions ne laissent aucun doute quant à la motivation du Diagonaliste ! Il roule pour se trouver demain en un lieu aussi éloigné que possible de celui qu’il visite aujourd’hui, le chemin parcouru étant censé lui offrir une palette aussi étendue et aussi variée que possible des paysages que recèle un territoire donné. Amalgame inextricable de sport et de tourisme, la Diagonale est censée offrir au randonneur une approche kaléidoscopique du pays traversé dans l’exaltation physique d’une activité d’endurance.
Encore faut-il que les axes proposés au touriste soient judicieusement choisis afin d’atteindre ces deux objectifs...

POUR S’INSCRIRE

Pour une première Diagonale de Belgique verser 5, pour le dossier administratif et 2,50€ pour l’inscription à la Diagonale elle-même, soit un total 7,50, sur le compte BE72 0682 5083 1216 de la FFBC. Prévoir au minimum entre une et trois semaine(s) pour la réception des documents de route et de contrôle. Pour toute autre Diagonale ultérieure, verser à la même adresse la somme de 2,50, par Diagonale de Belgique. L’ensemble des documents de contrôle permettant d’effectuer un cycle complet des Diagonales de Belgique peut être obtenu d’emblée en versant la somme de 40, sur le compte BE72 0682 5083
1216 de la FFBC. Prévoir les mêmes délais. La Diagonale terminée, veillez à renvoyer aussi rapidement que possible et en tout cas sous la huitaine le carnet de route au délégué fédéral. Le Diagonaliste n’omettra pas d’inscrire au verso de ce carnet son adresse complète.

OSTENDE-VIRTON

320km - 24h

Probablement la plus motivante ! Longue distance joignant les points les plus extrêmes du territoire, cette Diagonale n’exige pas de franchir d’éprouvants reliefs pour livrer tous ses attraits dont le moindre n’est pas de se dérouler entièrement en zones peu urbanisées et peu polluées par la circulation automobile…

OSTENDE-MANDERFELD

320km - 24h

24 heures pour couvrir un peu plus de 300 km, là n’est pas la gageure. On mettra peut-être à profit ce large délai pour visiter le coeur des trois plus belles villes belges: Gand, Bruxelles et Liège. Ne pas trop traîner cependant, car les 60 derniers kilomètres sont d’un tout autre genre.

OSTENDE-MAASEIK

240km - 16h

«La Flamande» ! Effectivement, cet axe permet de passer en revue les paysages de la Flandre au sens large. Et on conviendra que le Limbourg n’est pas la région d’Anvers ni non plus celle de Bruges. Un seul point commun : les pistes cyclables dont il convient d’apprécier l’usage et qu’il vaut d’ailleurs mieux emprunter car la circulation automobile est partout intense.

OSTENDE-CHIMAY

195km - 13h

Le chaînon manquant. Voici une bonne occasion de visiter le Sud-ouest et les routes des classiques flandriennes. De plus, de la mer à la campagne, il n’y a qu’un pas. Sans se fatiguer outre mesure, entre les labourés flamands et les hauteurs des Fagnes, le contraste sera cependant important. Et même si les abords du château de Beloeil vous engageait à la flânerie, la banlieue montoise derrière vous, quelques tours de manivelle vous seront nécessaires pour admirer, comme dernier cadeau, la demeure princière chimacienne.

CHIMAY -MANDERFELD

190km - 13h

«La Wallonne» mais qu’on pourrait aussi nommer «La Verte». Du Viroin à l’Eifel, c’est une traversée tout à fait remarquable de ce que le territoire belge recèle de plus «écologique». Pas de répit non plus pour le dérailleur, évidemment.

CHIMAY -MAASIEK

190km - 13h

La Diagonale de Belgique peut-être la plus propice à un coup d’essai, Courte distance, terrain plutôt facile et peu de problèmes d’orientation. On peut terminer par une traversée verte de la Campine si on veut bien se donner la peine de s’écarter des grandes voies rapides peu engageantes pour les cyclos.

CHIMAY -TURNHOUT

190km - 13h

Cette Diagonale au parcours varié et plus vert que l’on pourrait le penser a priori. On peut conseiller de passer par la très belle ville de Louvain. A partir de Wavre, l’environnement est très joli si on prend la peine d’emprunter les petites routes.

MOUSCRON-TURNHOUT

175km - 12h

Aux confins de la Wallonie, un départ dans cette ancienne cité textile, voisine directe de la Flandre et de la France, vous permettra de constater qu’on n’est pourtant jamais loin de quelque part. Une bonne initiation pour ceux que les longues distances ne constituent pas le déjeuner. Le plat pays sera bien au rendez-vous mais se déclinera différemment sous les cieux de quatre de ses provinces du Nord. Les méandres de l’Escaut auraient pu vous guider tout droit vers le quatrième port mondial et ses joailliers mais après le Pays de Waes, la Campine vous attend.

MOUSCRON-MAASEIK

220km - 15h

Pour tout le monde, traverser la Belgique du Nord au Sud ou inversement passe bien entendu par Bruxelles. Certains seront pourtant surpris qu’avant de gagner la capitale à partir du Hainaut occidental se dresseront devant eux les Ardennes (flamandes, bien entendu). Donc même si ce parcours ne demande pas une forme extraordinaire, quelques ressources seront nécessaires pour affronter tant les longues lignes droites limbourgeoises que les reliefs bien connus des mollets flandriens.

MOUSCRON-VIRTON

270km - 19h

Flirter avec la France est bien ce qui vous est ici proposé. Au départ de cette cité frontalière
vous pouvez de temps à autre mettre le pied à l’étranger. Tout au long de cette descente vers le Sud, vous parcourez des hameaux inconnus du grand public. Après avoir côtoyé les terrils, vous glissez dans la botte du Hainaut. Un parcours verdoyant s’offre alors à vous et tant la cité de Godefroid que les rives de la Semois ne vous laissent indifférent. Encore quelques efforts et la Gaume vous accueille pour un repos mérité.

MOUSCRON-MANDERFELD

285km - 20h

Une autre diagonale 100% wallonne vous y est ici proposée. D’Ouest en Est ou au départ des cantons rédimés, une bonne dose d’entraînement préalable vous est cependant conseillée. Car cette traversée de la Belgique n’est pas de tout repos. Toutefois la beauté des paysages rencontrés vous enchantera au point d’en oublier la fatigue et la distance parcourue. Entre les sommets ardennais qu’il faudra gravir, les contreforts de Huy et les dénivelés hennuyers et brabançons certes moins abrupts, vous admirerez une telle variété de végétation qu’elle vous laissera un souvenir indélébile.

VIRT ON-MAASIEK

240km - 16h

Se méfier du relief qui demeure soutenu jusqu’à ce que le pays de Herve soit dépassé, c’est-à dire durant la majeure partie du parcours. On acceptera avec bonheur la perspective d’un finale en territoire hollandais en suivant le cours de la Meuse à partir de Maastricht ce qui constituera un changement agréable par rapport à la succession des escarpements et des forêts de sapins parsemant les deux premiers tiers du parcours.

 

VIRT ON-TURNHOUT

255km - 18h

Une distance respectable (250 kilomètres) pour cette Diagonale intéressante au relief très varié mais pas excessif. Venant du Nord, le franchissement de la Meuse du côté de Huy marque le début de la traversée de l’Ardenne selon un axe peu usité et qui culmine sur le socle ardennais lui-même (St-Hubert - Neufchâteau) avant de retrouver la quiétude gaumaise.

MANDERFELD-TURNHOUT

195km - 13h

On économisera ses forces avec profit durant la traversée du Limbourg. La plongée vers la vallée de la Meuse à Visé marque un changement total de l’environnement qui aboutit au franchissement du «Sommet» de la Belgique: le Signal de Botrange qui culmine à près de 700 mètres. Peut-être la Diagonale de Belgique la plus contrastée.

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